Comment reconnaître les ruches sauvages pour mieux les préserver ?

Ruche sauvage

Les abeilles sauvages sont très différentes des abeilles domestiques (appelées aussi abeilles sociales) sur plusieurs plans, qu’il s’agisse de leur habitat, de leur manière de fonctionner ou encore de leur longévité.

Quelles sont les particularités d’une ruche sauvage et de ses abeilles

Petit tour d’horizon pour reconnaître les attitudes et caractéristiques de ces pollinisatrices !

Des abeilles solitaires bâtisseuses

Quand on parle d’abeilles sauvages, il s’agit de certaines espèces qui se reproduisent sans l’aide d’un apiculteur, et qui vont avoir des caractéristiques bien spécifiques.

Tout d’abord, on dit qu’elle est solitaire car la femelle est autonome et travaille pour elle uniquement. Elle pond ses œufs dans son propre nid dans lequel elle aura accumulé ses réserves de nourriture. Cela n’empêche pas la formation d’essaims, surtout pour certaines espèces (Collete, Andrena).


Le saviez-vous ?

Les colonies d’abeilles sauvages n’ont pas de reine dans 90% des cas ! A l’inverse, les abeilles domestiques en ont systématiquement une.

On dénombre plus de 1000 espèces différentes d’abeilles sauvages. Si l’on s’intéresse à quelques abeilles bâtisseuses, on aura par exemple :

  • Les Osmies : elles aiment les petits orifices pour pondre leurs larves. Il peut s’agir par exemple de conduits d’évacuation, de châssis, etc. Elles utilisent la boue pour construire, c’est pourquoi on les appelle aussi bâtisseuses. Elles peuvent d’ailleurs se domestiquer assez facilement.
  • Les Mégachiles : ces mouches à miel vont créer leur habitat et constituer les alvéoles à l’aide de morceaux de feuilles qu’elles auront préalablement découpées (des feuilles de rosier par exemple). Elles construisent ainsi des petits tubes, généralement dans du bois mort, qui accueilleront le nectar, le pollen, et ensuite les œufs. Les feuilles aident ces abeilles sauvages à résister à l’hiver.
  • Les Xylocopes : ces abeilles aiment faire leur nid dans le bois mort en le creusant à l’aide de leurs mandibules. C’est pour ça que vous trouverez des copeaux de bois à la sortie de la ruche sauvage ! Elles sont aussi dénommées Perce bois, et leur tunnel peut être profond de 30 cm.
Abeille sauvage

On aura aussi d’autres espèces comme la Cotonnière qui utilise les fibres naturels pour faire son nid, ou encore l’abeille Résine qui colmate le tunnel en agrégeant de la sève de pin à des petits cailloux.

Toutes ces caractéristiques vous permettront de mieux les identifier dans leur habitat !

La non production de miel

Contrairement à ses cousines domestiques, l’abeille sauvage ne va pas produire de miel ! Elle n’aura donc pas besoin de butiner des fleurs mellifères.

Son rôle pollinisateur en sera d’autant plus important, puisque ces avettes vont s’intéresser à un plus large éventail végétal. L’abeille sauvage va se nourrir d’un mélange de nectar et de pollen, qui permettra aux jeunes abeilles de se développer.


Bon à savoir !

Comme l’abeille sauvage n’a pas de miel à défendre, elle a un caractère plus doux, et elle n’a pas toujours de dard. Elle devient agressive seulement si elle se sent en danger. D’autre part, elle est plutôt farouche et évite les humains.

Leur durée de vie

La durée de vie des abeilles sauvages va être moins longue que celles que l’on connait. En général, elles ne réussissent pas à passer les froids de l’hiver à l’état adulte.

Salon les espèces d’abeilles sauvages, les femelles peuvent vivre 2 à 10 semaines, tandis que les mâles survivront seulement quelques jours. Comme point de comparaison, les abeilles domestiques vivent 5 à 6 semaines en été, et 5 à 6 mois en hiver. Et la reine vit plusieurs années !

Leur habitat

Sans ruche préconçue, les abeilles sauvages exploitent leur habitat naturel pour fabriquer leur nid.

Bois, terre (les abeilles terricoles représentent 70% des abeilles sauvages), tige, tunnels creusés par d’autres insectes, fissures dans la roche : tout est bon pour s’héberger.

Les abeilles sauvages sont pleines de ressources pour s’abriter !

Si elles ne trouvent pas d’endroit convenable, elles pourront également exploiter les recoins de votre habitation : aération, prises électriques externes, joints…

Est-ce facile d’identifier une ruche sauvage ?

Dans un milieu naturel comme une forêt, les abeilles sauvages se trouveront par exemple entre les branches d’un vieil arbre. Pour les identifier, fiez-vous à votre ouïe pour écouter les bourdonnements des abeilles, et à votre vue pour repérer les allers et venues des abeilles.

Comme nous l’évoquions, vous pouvez également en identifier dans votre jardin ou dans votre habitation (comme les Osmies par exemple).

Pourquoi être particulièrement attentif à la préservation des abeilles sauvages ?

Contrairement aux abeilles domestiques, les abeilles sauvages vont butiner certaines fleurs délaissées par les abeilles sociales. Elles vont donc jouer un rôle pollinisateur essentiel et complémentaire !

Par ailleurs, le butinage commence plus tôt dans la saison que les abeilles d’apiculture (vers le mois de mars), ce qui permet d’améliorer la récolte pour les arbres fruitiers.

Les bons gestes quand vous découvrez une ruche dans la nature

Si vous découvrez une ruche dans les bois, il n’y a pas grand chose à faire, il faut simplement observer et ne pas déranger les butineuses dans leur travail. Mais si vous découvrez un rucher sauvage dans votre jardin, vous pouvez essayer de préserver au mieux leur habitat et les laisser le plus tranquille possible !

Malheureusement, pour ce dernier cas, ce n’est pas toujours possible. Si les abeilles sauvages vous dérangent, notamment en raison d’une installation dans le bâti, vous pouvez faire appel à un apiculteur : en fonction de l’espèce, il pourra peut-être les domestiquer et vous donner les bons conseils pour les sauvegarder.

Donner un coup de pouce aux ruches sauvages

Vous avez déjà entendu parler des hôtels à insectes ? Et bien ça fonctionne aussi pour les abeilles sauvages. Sachez qu’en installant ce dispositif dans votre jardin dans un endroit calme, il pourra accueillir des Osmies dans ses alvéoles.

Si vous avez un jardin, vous pouvez également adopter les bons réflexes pour favoriser les ruchers sauvages : laisser un bout de votre jardin à l’état sauvage avec des pierres et du bois mort par exemple, planter des fleurs et des arbustes indigènes (saule, lierre, aubépine, érable…), et bien sûr, éviter à tout prix les produits chimiques !

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